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La reconnaissance faciale dans notre quotidien

Grâce à leur photo, les enquêteurs viennent de mettre un nom sur un voleur de chèques porteur d'un faux passeport et sur une cambrioleuse aux multiples alias. Deux cas récemment élucidés grâce au système de traitement des antécédents judiciaires (TAJ), fusion des fichiers Stic de la police et Judex de la gendarmerie.

Son algorithme confronte la photo de face d'un suspect avec toutes celles de ce fichier d'environ 10 millions d'individus mis en cause. Il analyse une quarantaine de points de mesure discriminants (lèvres, nez, menton) et livre une liste de visages assortis d'un score de pertinence. « Ce n'est pas magique. C'est une aide à l'enquête judiciaire qui doit être recoupée par les enquêteurs avec les témoignages et les données classiques. Le TAJ a permis aux gendarmes de résoudre 100 cas en 2013 et 40 depuis début 2014 », précise le lieutenant-colonel Jean-François Feray, au service technique de recherche judiciaire et documentaire de la gendarmerie nationale.

Visage en 3D

Si certains dispositifs intègrent déjà le vieillissement du visage, des limites persistent : angle de la prise de vue, luminosité, visage masqué, lunettes ou barbe... Les bases des enquêteurs français pourraient bientôt intégrer des clichés de profil et de trois quarts afin d'aboutir à la reconstitution en 3D du visage, alors identifiable en toute position. Autre frein : la piètre qualité des clichés issus de la vidéosurveillance. « Le taux de reconnaissance n'atteint jamais 100 % », explique Vincent Bouatou, responsable du développement technologique chez Morpho, dont le système Argus identifie une personne en mouvement à partir d'un film vidéo. « Tout dépend de l'objectif : un taux de 60 % pour l'accès à une zone sécurisée, c'est inacceptable. Mais pour détecter un suspect dans le métro, cela devient pertinent ».

Côté grand public, des applications permettent déjà de déverrouiller l'accès à nos smartphones ou ordinateurs grâce à la caméra frontale qui reconnaît le propriétaire. « Le duo login-mot de passe sera bientôt obsolète. Reste à améliorer les technologies pour que la caméra différencie bien une photo d'une personne vivante. Morpho y travaille », confie Vincent Bouatou. Les applications photos de ­Picasa, iPhoto ou Google + intègrent déjà des logiciels intelligents qui repèrent et nomment illico un visage dans n'importe quel album une fois qu'il a été identifié sur un cliché. La start-up française Reminiz, elle, développe un « Shazam des stars » : à partir d'une photo prise sur un écran de télé, un journal ou dans la rue, l'appli identifie la célébrité de la politique, du cinéma ou de la musique concernée et livre toutes ses infos publiques : photos, bio, filmographie...

Une photo vous met à nu

Les chercheurs en informatique, psychologie et neurocognition planchent sur des algorithmes capables de décrypter les émotions du visage. Les concepteurs de voitures intelligentes s'y intéressent : demain, si le conducteur exprime la peur, le véhicule saura qu'il doit réagir. Les réseaux sociaux et les marques aussi, avides de détecter nos humeurs en plus de notre âge et de notre sexe, via une caméra postée à l'entrée d'un magasin, par exemple. Plus inquiétante, l'application NameTag de Facial Network, pour l'instant en version d'essai. Le principe? Vous photographiez un inconnu avec votre smartphone ou vos Google Glass. L'algorithme analyse son image et livre toute son identité numérique : profils Facebook, Twitter, ­LinkedIn ou sites de rencontre! Pour rester anonyme, il faudra cocher l'option « profil non public » sur les différents sites. NameTag serait en cours de validation sur iPhone et Android. Mais Google, au nom du respect de la vie privée, a refusé de l'intégrer sur ses Google Glass. Comme il avait déjà retoqué FaceRec, une appli similaire. Jusqu'à quand ?

Source : Le Journal du Dimanche

   
   
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