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Comment les ravisseurs des otages sont-ils identifiés sur la vidéo ?

TERRORISME - Les sources humaines sont toujours privilégiées même si les outils techniques permettent de faire des rapprochements...

Lorsque le bourreau de James Foley se cache le visage avec une cagoule, c'est davantage par souci de mise en scène de la terreur plutôt qu'une réelle volonté de ne pas être reconnu. Dans la vidéo de décapitation du Français Hervé Gourdel, certains des ravisseurs n'ont même pas pris cette précaution. Apparaissant à visage découvert, quelques-uns auraient été «identifiés», ont annoncé mardi les services de renseignement algériens.

Les Français n'ont pas attendu les Algériens pour tenter de connaître les identités des ravisseurs de leur compatriote. La vidéo a été scrupuleusement étudiée par les spécialistes de l'antiterrorisme, à la recherche de têtes déjà connues de leurs services. «Pour identifier les ravisseurs, il existe certes des outils de comparaison vocale ou faciale. Mais dans la très grande majorité des cas, le job est celui d'un travail classique de renseignement. L'identification provient essentiellement de sources et d'indics», explique à 20 Minutes une source policière.

Constitution de fichiers

Contrairement à l'imaginaire collectif, fruit du visionnage de films ou de séries hollywoodiennes, les informations dans ce type de circonstances proviennent plus souvent de sources humaines plutôt que d'outils scientifiques. Même si la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) ont recruté ces derniers mois plusieurs génies informatiques, et que les appareils techniques de reconnaissance faciale ou vocale sont au point, encore faut-il que les fichiers soient assez alimentés en données et en profils de djihadistes pour que des recoupements soient effectués avec succès.

Dans le cas de James Foley et Stephen Sotloff, le bourreau, qui s'exprimait avec un fort accent londonien et semblait gaucher, a rapidement été identifié par le FBI. Ou plutôt par les renseignements britanniques qui ont transmis les informations à leurs collègues américains. L'identification n'a pas dû être bien difficile. Une fois les vérifications d'usage faites (montage, doublage, la vidéo est-elle authentique?), Scotland Yard disposait en effet d'outils de reconnaissance vocale et surtout d'un fichier où figurent une bonne partie des 400 à 500 Britanniques partis combattre en Irak et en Syrie.

Là encore, le MI6 a pu s'appuyer sur l'aide de proches du bourreau (donc des sources humaines) pour l'identifier formellement, comme l'avait annoncé à la presse Richard Barret, l'ancien patron de la lutte antiterroriste au sein des services de renseignements britanniques.

Collecter les selfies

Côté américain, les fichiers constitués par la NSA sont beaucoup plus larges qu'en France ou en Grande-Bretagne. Ainsi, le New York Times a révélé le 1er juin dernier que l'agence américaine collectait parmi les documents publiés sur Internet et notamment les selfies «des millions d'images par jour» pour les utiliser dans ses programmes de reconnaissance faciale.

«Il s'agit de déployer tout un arsenal pour exploiter numériquement les indices qu'une cible laisse derrière elle, dans ses activités courantes sur Internet, afin de recueillir des informations biographiques et biométriques», précise un document de 2010, cité par le journal américain.

Des données qu'elle peut alors croiser avec des listes de passagers de compagnies aériennes ou des photographies présentes sur les passeports de ressortissants étrangers.

Source : 20Minutes

   
   
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