Les empreintes des lèvres
Par lipsprints le mercredi, 6 février 2008, 10:30 - Modalités - Lien permanent
Un extrait du résumé de projet de Mémoire de DEA en paléoanthropologie sur le thème
« Les empreintes des lèvres, moyens biométriques d’identification et d’authentification de la personne : spécificités des sujets mélanodermes africains » et le sommaire.
Tout comme les empreintes digitales (dactyloscopie), des arcades dentaires (moulages, odontogrammes), génétiques (ADN, groupes sanguins ABO), des papilles palatines (rugoscopie), l’iris de l’œil,… les empreintes des lèvres (chéiloscopie) sont des dérivés et produits du corps humain susceptible de fournir des caractéristiques biologiques et des indices biométriques à l’identification et l’authentification de la personne vivante ou décédée.
L’analyse comparative des empreintes des lèvres (tourbillons, arches, boucles, mailles, lignes, branches,…) tout comme celles des doigts, associée aux stigmates embryopathologiques innés ou acquis (mutilations ou perforations) constitue une des certitudes scientifiques et distinctives de cette personne.
Les applications de la chéiloscopie ont dépassé le cadre habituel de l’identité judiciaire pour s’étendre aux identifications des victimes de catastrophes de masse, à l’autopsie oro-faciale et à la sécurité publique et privée (surveillance des frontières et aéroports, de l’immigration ou codes d’accès aux domiciles ou bureaux,…).
L’identification par les empreintes labiales, quoique peu utilisée (ou utilisées que par les spécialistes), offrent de nombreuses perspectives et avantages aux systèmes biométriques actuels. Elles sont rapides, aisées pour les spécialistes, peu onéreuses, discrètes, infalsifiables et respectueuses de la dignité humaine.
Les objectifs de notre étude consisteront :
- D’une façon générale, à constituer une base de données pour compléter celles déjà existantes, à partir de l’enregistrement des empreintes labiales comme moyens biométriques d’identification et d’authentification de la personne à adapter aux sujets mélanodermes africains
- D’une façon spécifiques, à élaborer une méthodologie d’enregistrement utilisable par tous les spécialistes de Police judiciaire, et à effectuer une étude comparative d’avec celles des autres types humains (dimorphisme ethnique ?)
Les protocoles d’enregistrement physique des empreintes labiales sont maîtrisés :
- par la méthode du « rouleau » sur un support papier (d’une commissure labiale à l’autre), les lèvres ‘’encrées’’ ou maquillées au rouge à lèvres prononçant « HO » en labioclusion, avec ou sans poudre magnétique (proposée par LABORIER et col.)
- par la révélation au pinceau imprégné d’un produit révélateur, appliqué sur un verre à boire utilisé ou un crayon à papier mordu par celui dont les empreintes sont recherchées (méthode de la police judiciaire)
- par la photographie numérique agrandie, solarisée et estampée au cyan/bleu (colorant utilisé par BOUHAFA et col.)
Ces empreintes sont ensuite analysées et comparées par « effet miroir » ou directement avec des enregistrements antérieurs.
Nous recherchons :
Pour faire avancer nos travaux et améliorer nos résultats, il nous est venu l’idée d’introduire la technologie des capteurs d’empreintes pour obtenir un nombre plus grand d’enregistrements, une meilleure numérisation des munities, un stockage plus sûre des données et une identification plus rapide, plus fiable et plus précis, à partir d’un logiciel d’identification construit sur le même modèle opératoire que celui des empreintes digitales. Nous sommes à la recherche de ces types de capteurs.
Ce travail est un des axes de recherche actuel du Laboratoire de Bio morphologie et Imagerie de L'UFR d'ODONTOSTOMATOLOGIE d'Abidjan en collaboration avec l'INSTITUT des Sciences anthropologiques du Développement (ISAD).
Ce laboratoire est dirigé par le PR. DJAHA KONAN. Il a l'assistance du DR. Claude LABORIER de l'ASSOCIATION Française d'IDENTIFICATION Odontologique (AFIO) pour ce travail, en instance de présentation.
Yohou Narcisse
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